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Cynorrhodon
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Extension de Chamrousse : un pas vers les Vans, un recul d’un siècle

13 nov. 2015
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Les Vans
© Alain PETIT

Communication commune de Mountain Wilderness et la Frapna Isère

Le Maire de Chamrousse a récemment détaillé dans la presse son programme de renforcement de la station comprenant en particulier l’aménagement du vallon des Vans, site préservé et très fréquenté en toutes saisons par les randonneurs.

Cette annonce suscite de nombreuses interrogations chez les associations et de fortes réactions sur internet via les forums de pratiquants de la montagne, jusqu’à la publication récente de pétitions. Cette manifestation spontanée de "ras-le-bol" pourrait prendre de l’ampleur parallèlement ou en lien avec les actions de nos associations. Toute l’émotion née de ce projet destructeur souligne l’incompréhension et le malaise des citoyens face la volonté d’appropriation de la montagne par les intérêts économiques et au discours ambigu et fallacieux tenu par certains élus.

Les associations environnementales restent en alerte

Si aujourd’hui aucun dossier ne permet de mesurer la nature exacte de ce projet, nos associations sont prêtes à le traiter avec sérieux. Il en est de même pour d’autres projets encore méconnus du grand public, telles que la liaison Les 2 Alpes – Saint-Christophe-en-Oisans, la liaison l’Alpe d’Huez – Les 2 Alpes, ou encore la liaison inter-stations entre Vaujany et le domaine des Sybelles en Savoie pour n’en citer que quelques-uns.

Les Vans, un site protégé !

Le vallon des Vans revêt une symbolique pour les montagnards qui y sont fortement attachés. En l’an 2000, afin de préserver les environs de Chamrousse d’éventuels aménagements touristiques, la ministre de l’environnement validait un décret classant le site du lac Achard et des balcons de Belledonne, comprenant le vallon des Vans, au titre de la loi paysage du 2 mai 1930. Il a été considéré comme essentiel de préserver ce site en raison de son caractère pittoresque et de son intérêt général. Nos associations s’étaient alors largement mobilisées pour obtenir ce résultat.
En 2002, la valeur de ces espaces est confirmée : le vallon des Vans est intégré au réseau européen des espaces protégés Natura 2000.

Quelle que soit la forme que prendrait le projet d’extension de Chamrousse, il nécessiterait le déclassement du site après validation du conseil d’État et du ministre, si toutefois preuve est faite de l’absence d’impact du projet sur le milieu naturel, ce qui semble difficile. D’importantes mesures compensatoires devront être proposées en parallèle. S’il fallait en arriver là, nos associations se mobiliseront pour démontrer à chacune de ces étapes de l’instruction du dossier l’inanité d’un tel aménagement au regards des enjeux de préservation de l’environnement, des paysages, et de toutes les autres formes de tourismes que le ski de piste. S’il fallait en arriver là, nous sommes prêts à déferrer toutes mesure de déclassement ou toute autorisation d’aménager le secteur des Vans devant la juridiction administrative.

Quelles politiques touristiques pour nos montagnes ?

Au-delà de l’aspect ponctuel de cet aménagement supplémentaire, c’est la politique de développement de Chamrousse qui pose question. Elle reste figée dans un modèle dépassé qui encourage les loisirs motorisés (motoneige, quad, courses automobiles) et continue à imposer une vision unique où seul le ski constitue un avenir tangible. Dans cette politique du chiffre mortifère et court-termiste (pouvoir communiquer sur « Chamrousse 2500 ») toutes les stations sont en concurrence et toutes sont les perdantes. Le réchauffement climatique ne doit pas servir d’excuse ni d’argument à cette course à l’altitude des stations et à l’inflation du nombre de canons à neige. Au contraire ces sites vierges et préservés sont les seuls atouts et garants d’un tourisme durable et 4 saisons. A Chamrousse comme ailleurs, c’est la qualité et non la quantité qu’il faut privilégier. Une importante réflexion collective doit être menée sur l’évolution du tourisme dans Belledonne et sur le rapport entre l’homme et la nature, la montagne. Le futur Parc naturel régional doit être moteur dans ce débat et jouer son rôle dans la construction d’un projet de territoire cohérent et durable.

Nos associations sont prêtes à participer à ce projet d’envergure. Le massif doit conserver son caractère et ses espaces protégés intact. Chamrousse ne sera jamais Courchevel ou Val d’Isère. Et c’est tant mieux.
Nous allons demander une rencontre au Maire de Chamrousse et nous souhaitons l’inviter à un débat public avant la fin de l’année.

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