Au-delà de l’indignation, de la déception que ces JOP risquent de susciter, leur organisation conduit à poursuivre une politique structurante centrée sur les sports d’hiver, quel qu’en soit le prix. Face aux manques récurrents de neige, les politiques menées jusqu’ici ont poussé les stations et les villages à investir lourdement, voire s’endetter, pour tenter de compenser artificiellement ce que la nature ne peut plus offrir. Les canons à neige et bassins de rétention d’eau sont devenus la norme. À Font-Romeu, dans les Pyrénées-Orientales, 80 % du domaine skiable est couvert de canons. D’autres stations investissent lourdement pour aller chercher la neige encore plus haut et plus vite en altitude à l’image du Jandri 3S aux Deux Alpes (Isère), qui a coûté 148 millions d’euros.
En moyenne montagne, sans avoir pu anticiper les choix de transition à
opérer, beaucoup s’endettent et se retrouvent étranglés. Des stations,
des villages, des vallées se retrouvent pieds et mains liés par le
tout-tourisme, avec une proportion de résidences secondaires qui montent
parfois jusqu’à 90 % rendant impossible une vie à l’année.
Les
années fastes de l’or blanc sont derrière nous, et le principal enjeu
est d’écrire un nouvel avenir plutôt que de rester tournés vers le
passé. Le ski gardera une place, mais nos montagnes ont bien d’autres
richesses à valoriser et faire découvrir. Les stations de montagne de
demain pourraient devenir des portes d’entrée vers ces espaces
préservés, jouant un rôle de lien entre vallées et sommets dans un
projet territorial partagé. Elles permettraient de découvrir la montagne
sous toutes ses facettes : nature, sport, culture, artisanat,
gastronomie… Les grands immeubles, souvent inoccupés, pourraient devenir
des centres d’accueil et de découverte de la montagne, offrant des
activités variées comme l’observation de la faune, les sports de plein
air, les bivouacs étoilés ou les classes en extérieur. Une piste parmi
tant d’autres pour réinventer notre rapport à la montagne, la préserver, tout en continuant à nous émerveiller.